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Rencontre avec Loïc

24/02/2003

Plouvien, le 2 décembre 2002

Après avoir échangé des messages par internet, nous lui avons demandé de venir nous voir à l’école. Nous avions un peu peur qu’il soit trop occupé par ses préparatifs, mais il a très gentiment accepté notre invitation.

Alors nous avons préparé sa visite en mettant un peu d’ordre dans toutes les questions qui nous trottaient dans la tête, nous avons préparé des affiches pour qu’il trouve le chemin de notre classe (cela aurait été dommage qu’il se perde avant même son départ !) et, le 2 décembre, nous avons vu arriver un jeune homme beaucoup moins jaune que sur la brochure qu’il nous avait envoyé, portant un sac à dos presque aussi grand que lui.

L’après-midi a passé à toute vitesse et nous n’avons même pas eu le temps de poser toutes les questions que nous avions préparées.

Voici un petit compte-rendu de notre première interview (si certains d’entre nous deviennent journalistes plus tard, on saura d’o? vient leur vocation !).

Loïc a déjà beaucoup voyagé en France et un peu en Amérique du Sud. C’est comme ça qu’il a attrapé le virus : il est tombé amoureux des pays qu’il a visités parce que c’était très différent. Ca lui a donné envie de partir loin et longtemps. Ce qu’il veut faire, en fait, c’est rencontrer des gens. Alors il part tout seul, parce que si on est deux ou plus on ne parle pas avec les habitants du pays et c’est plus difficile pour faire du stop ou se faire héberger.

Pour financer son voyage, il a vendu sa voiture et des T-shirts et demandé à des entreprises de l’aider. Par exemple, ses vêtements lui sont fournis par une marque qui veut tester leur solidité. Il va même avoir un sac à dos fabriqué exprès pour lui !

Il a préparé son voyage en s’entraînant à marcher avec un sac dans les Alpes, mais pas sur le Mont Blanc o? il y a trop de monde. Il prend aussi des cours d’anglais et d’espagnol.

Il y a beaucoup de gens qui l’ont aidé, et il nous a parlé d’un indien qu’il a rencontré en France et qui s’appelle Augustin. Quand Loïc sera en Inde, il passera deux mois dans le village d’Augustin et il essaiera d’expliquer aux gens comment on vit ici et à quoi ressemble la Bretagne.

Il a déjà des contacts par Internet avec plein de gens dans les pays o? il va aller et il va en rencontrer certains.Trois mois avant de partir, il n’est pas triste de quitter sa famille et ses amis (il a promis de faire attention à lui et de revenir entier !), mais de plus en plus impatient.

La première chose que Loïc fera en arrivant dans un pays, ce sera de s’asseoir sur son sac (attention à l’ordinateur qui est dedans !) et de regarder les gens pour comprendre comment ils vivent. Quand il voudra faire des photos, il prendra aussi le temps de connaître les gens. Peut-être qu’il emportera aussi un polaroïd pour pouvoir leur donner la photo tout de suite, sinon il leur enverra quand il sera rentré, en tout cas ce sera un moyen de garder le contact avec les gens qu’il aura rencontrés.

Loïc va voyager avec les transports utilisés par les habitants, comme ça il sera plus proche d’eux et ils pourront discuter. Il fera aussi des morceaux de voyage à pied , mais pas trop parce que son sac est lourd même s’il essaie d’emporter le moins de choses possibles : seulement deux T-shirts et deux paires de chaussettes pour tout le voyage ! Il ne prend pas de tente parce que ça ferait du poids supplémentaire et qu’il compte dormir chez les gens qu’il rencontrera. Il mangera aussi la même chose que les habitants. En fait, il veut vraiment être le plus proche possible des gens des pays qu’il va traverser. On se demande tout de même s’il va se laver les dents avec de la cendre ! Il nous a dit que les gens faisaient ça en Inde et que ça remplaçait très bien le dentifrice. On va essayer aussi…si il y a des volontaires !

L’autre chose qui nous a impressionnés, c’est qu’il va escalader un volcan et aller se baigner dans des eaux à 40?. Ca doit être fantastique de se prendre un bain aussi chaud avec de la neige tout autour ! Nous, en Bretagne, on n’a ni les eaux chaudes, ni la neigeOn se demandait aussi comment Loïc va pouvoir emporter des billets de tous les pays qu’il va visiter, mais en fait il va partir avec deux cartes bancaires et il se débrouillera pour trouver des distributeurs dans les villes. On lui a imaginé un scénario catastrophe dans lequel il se faisait voler ses deux cartes et se cassait une jambe en pleine montagne, mais il a (presque) tout prévu ! En tout cas il y a une poche secrète dans son nouveau sac à dos pour cacher une carte bancaire (ne le dites à personne !), l’autre sera rangée dans une poche intérieure de son pantalon (oui, mais quand il se déshabillera pour se baigner dans les eaux du volcan ?) et il emporte du savon de Marseille pour nettoyer ses blessures (et aussi faire la vaisselle, la lessive et se laver les cheveux !).

Il ne pourra pas se brancher sur Internet partout, mais il pourra tenir son « journal de bord » sur son portable et il enverra des messages et les photos qu’il aura prises avec son appareil photo numérique chaque fois que ce sera possible.

C’est en Inde qu’il va rester le plus longtemps à cause de sa rencontre avec Augustin qui lui a vraiment donné envie de s’arrêter là-bas. On n’est pas s?rs d’avoir tout à fait compris ce qu’il y fera, mais il nous expliquera !A son retour, il organisera des expositions et des rencontres pour raconter ce qu’il aura vécu. Il ne sait pas assez bien dessiner pour faire un carnet de voyage, mais il a dit qu’il aurait le temps de s’entraîner, alors… Il dit aussi qu’il ne sait pas assez bien écrire pour faire un livre, mais en tout cas une chose et s?re : il sait vraiment donner envie de suivre son aventure !

Après l’interview, il nous a montré le contenu de son sac et laissé essayer son poncho et sa lampe frontale… On se demande un peu comment il peut partir aussi longtemps avec aussi peu de choses, mais on sait qu’il trouvera ce qu’il lui faut sur place (de la cendre pour remplacer le dentifrice…)s’il lui manque quelque chose. En tout cas, c’est drôlement lourd !

On a passé un moment formidable avec Loïc (d’ailleurs on a tous l’air heureux sur la photo) et on a vraiment hâte de deux choses : qu’il parte pour pouvoir vivre son voyage avec lui, à travers ses messages et nos recherches en classe…et qu’il revienne nous raconter son aventure avec autant de gentillesse et d’humour.

En attendant, on reste en contact avec lui, par mail…et en pensée. Il y a même des élèves de la classe qui ont épuisé leurs parents à leur raconter cette visite !

En tout cas, un grand merci et bon vent à Loïc.

Les CM 1 de l’Ecole des Moulins de Plouvien